Christine Cloarec-Le Nabour
Députée de la 5ème Circonscription d'Ille-et-Vilaine

SOUTIEN À L'EMPLOI DES JEUNES: MON INTERVENTION DANS L'HÉMICYCLE.

À l'Assemblée Nationale

Je suis intervenue ce jeudi 11 juin en séance pour le groupe "La République en Marche!" dans le cadre de l'examen de la Proposition de loi portée par Guillaume PELTIER (Les Républicains) et visant à mettre en place pendant 2 ans un dispositif "zéro charge" pour l'embauche des jeunes de moins de 25 ans. Une Proposition de loi sur laquelle j’étais intervenue lors de son examen en Commission des affaires sociales, en tant que responsable du texte pour le groupe « La REM ». Cette dernière y avait été rejetée.

En effet, si l'emploi des jeunes est une priorité nationale soutenue par de nombreuses mesures depuis le début du quinquennat (le "boom" de l’apprentissage enregistré en 2019 en est la meilleure illustration), cette Proposition de loi n'apparait pas comme une réponse pertinente.

Mon intervention à lire ci dessous ou à voir en vidéo en bas de page.

Mon intervention :

"Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Madame la Présidente de la Commission des Affaires sociales,

Monsieur le Rapporteur,

Mesdames et messieurs les Députés,

La crise sanitaire que nous traversons est inédite par son ampleur et par ses conséquences économiques et sociales. Dès le début du confinement, le Gouvernement a pris des mesures qui s’imposaient en faveur des entreprises en difficulté de trésorerie, en faveur des jeunes et pour protéger au mieux les salariés. La prise en charge par l’Etat de l’activité partielle a ainsi permis de maintenir dans l’emploi plusieurs millions de salariés. Nous n'en avons pas fini et l'accompagnement doit se poursuivre au travers d'un plan de relance de notre économie.

Quand survient une crise, nous le savons, les premiers impactés sont les jeunes, quels que soient leurs niveaux de qualification et les peu ou pas qualifiés plus généralement. Le gouvernement comme toutes et tous sur ces bancs, a la volonté de lutter contre le chômage qui augmente à nouveau alors que notre pays connaissait, en début d’année, son plus faible niveau depuis la crise financière de 2008. Comme vous, notre inquiétude est grande. Nous devons nous mobiliser encore et toujours collectivement pour ne laisser personne au bord du chemin. Il nous faudra cibler les aides vers les plus fragiles, les moins qualifiés, les moins agiles parce que ce sont et ce seront les premières victimes de cette crise.

La situation est difficile, voire très difficile pour les entreprises en baisse ou en cessation d’activité depuis le confinement. Pour elles, l’enjeu aujourd'hui est davantage dans la survie que dans le renouvellement des compétences. Ces entreprises impactées sauveront d’abord les emplois avant de recruter.

Votre proposition de loi reprend un dispositif de soutien mis en place en 2009, une mesure d'exonération de charges à destination des très petites entreprises pour favoriser l'embauche que vous voulez étendre non seulement à toutes les entreprises mais à tous les jeunes diplômés de moins de 25 ans. Votre proposition risque de voir son efficacité réduite puisque les politiques de baisse du coût du travail mises en place depuis 2014 ont permis de réduire de façon considérable les charges sur les rémunérations inférieures à 2,5 SMIC et en particulier celles inférieures à 1,6 SMIC. Surtout, au delà d'un effet d'aubaine déjà souligné auparavant, votre proposition cible les jeunes diplômés, excluant de fait tous les jeunes peu ou pas qualifiés, déjà en difficulté d’insertion professionnelle, pour lesquels la situation risque de s'aggraver.

Comme vous, comme nous, le gouvernement fait de la question de l’emploi des jeunes une priorité nationale et fait le choix d’actions d’ampleur. Après une année 2019 qui a vu progresser le nombre d’apprentis de + 16 %, l’année 2020 aurait dû être une année exceptionnelle avec une montée en charge. La crise est venue stopper cette augmentation significative. Un plan de relance massif en faveur de l’apprentissage vient d'être présenté, comportant entre autre une aide exceptionnelle aux employeurs d’apprentis. Un plan à la hauteur de l'efficacité reconnue de cette voie d'excellence.

Par ailleurs, un cycle de concertation avec les partenaires sociaux vient d’être lancé dans lequel figure le chantier sur l'emploi des jeunes. La jeunesse est multiple, la jeunesse est variée. Nous devons impérativement identifier les typologies de jeunes en difficulté, remobiliser tous les dispositifs existants (PACEA, Garantie jeunes, Services civiques), requestionner les emplois aidés, soutenir les initiatives innovantes : des mesures pour les Jeunes diplômés mais aussi pour les jeunes de retour de l'étranger, en stage ou qui s"étaient octroyés une année de césure, les jeunes à la recherche d'un job d'été leur permettant de financer une partie de leurs études, les jeunes décrocheurs, les peu ou pas qualifiés…

Nous devons ouvrir le champ des possibles afin de répondre aux objectifs que nous avons toutes et tous : continuons à accompagner notre jeunesse vers l'autonomie et l'emploi, leur donner des perspectives d'avenir, les former, les qualifier, favoriser leur insertion sociale et professionnelle, leur permettre de trouver leur place dans la cité. Les citoyens de demain sont les jeunes d'aujourd'hui.

Au-delà des jeunes, ce sont toutes celles et ceux qui sont plus ou moins éloignés de l'emploi qu'il va falloir soutenir en aidant les entreprises à redémarrer, à retrouver de l'activité, à recruter mais aussi en soutenant financièrement tous les acteurs de l'accompagnement social et professionnel, les entreprises adaptées, les entreprises d'insertion par l'activité économique, les acteurs du service public de l'emploi: Pôle-emploi, Cap-emploi, les Missions locales... Enfin poursuivre la réflexion sur le service public de l'insertion.

Votre proposition est intéressante et viendra très certainement enrichir les débats menés au sein de la concertation qui commence. Nous devons tous être mobilisés et rapidement, gouvernement, parlementaires, acteurs économiques, acteurs de l'insertion, élus sur les territoires, associations. Alors, parce que nous croyons profondément au dialogue social. Parce que l'enjeu de sortie de crise ne réside pas que dans une proposition de loi mais bien un ensemble de mesures et dispositifs de plus grande ampleur, qui doit être le fruit d’une réflexion collective et partagée. Le groupe de La République en Marche ne votera pas cette proposition de loi.

Je vous remercie".

Mon intervention à voir également en vidéo.

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo.


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