Christine Cloarec-Le Nabour
Députée de la 5ème Circonscription d'Ille-et-Vilaine

PJL GESTION DE LA CRISE SANITAIRE : MA RÉACTION.

Communiqués de presse / Prises de position

Depuis l'allocution du président de la République le 12 juillet dernier, l'extension du recours au Passe sanitaire et l'obligation vaccinale pour le personnel soignant sont au cœur du débat. Adoptées par l'Assemblée nationale le 25 juillet via le Projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, après un accord trouvé entre députés et sénateurs lors de la Commission Mixte Paritaire, ces deux mesures soulèvent des questions légitimes auxquelles il me semble important de répondre.

En effet, je considère qu'il est tout à fait sain, dans notre démocratie, que chacun puisse s'exprimer et interroger. La question des Libertés n'est jamais anodine. Si l'urgence de la situation impose une prise de décision rapide et une action immédiate, je pense qu'elle nous oblige tout autant à en échanger, à nous écouter collectivement, à respecter l'avis qui nous est opposé, et à faire confiance en la capacité de l'autre à le faire.

À ces interrogations légitimes, je veux partager ma conviction : on ne peut y répondre en faisant abstraction du principe de réalité, du contexte qui est celui que nous connaissons depuis 17 mois, de tout ce que nous savons désormais. Comme l'a rappelé Olivier VERAN, l'idée même d'avoir recours à un Passe sanitaire ou d'obliger à la vaccination pour les personnels soignants n'est en rien idéal. C'est de notre responsabilité de prendre des décisions dans l'intérêt collectif.

Le mot "Collectif" est central dans la période que nous traversons : rappelons que chacun est libre tant que sa liberté individuelle ne nie pas celle des autres ou de l'ensemble. Or dans le cas présent et au vu de ce que nous vivons depuis 17 mois, le choix individuel de ne pas se faire vacciner condamne potentiellement le pays à de nouvelles restrictions appliquées à tous ; Victor Hugo écrivait "Tout ce qui augmente la Liberté augmente la responsabilité. Être libre, rien n'est plus grave ; la Liberté est pesante, et toutes les chaînes qu'elle ôte au corps, elle les ajoute à la conscience". Rien ne serait plus contestable que de voir celles et ceux qui ont intégré le sens du collectif dans leur décision individuelle, limités dans leurs Libertés par les conséquences du choix d'autrui. Car oui, prendre la décision de se faire vacciner, c'est un choix altruiste protégeant autant, sinon davantage, la collectivité que soit même. Ne pas vouloir se faire vacciner, c'est accepter d'en assumer les contraintes liées aux mesures de restrictions mises en place. Aujourd'hui plus que jamais, ne faisons pas rimer Liberté individuelle avec individualisme… Privilégions la responsabilité collective : Il en va de l'idée même de faire société.

Pas plus que du contexte, ne faisons pas non plus abstraction de l'histoire et de ce qu'elle nous a appris. Depuis 1902 et ce à chaque fois qu'un vaccin a été généralisé, quelle que soit la façon dont il l'a été, des mouvements sociaux se sont levés, poussés par les mêmes raisons qu'aujourd'hui : crainte, manque de recul, défiance, … Ce ne sont pas ces raisons qui ont éradiqué des maladies comme la variole ou la poliomyélite, c'est bien la vaccination.

  • Qu'en serait-il aujourd'hui si la science n'avait pas permis cette grande avancée, symbole du génie français ?
  • Qu'en serait-il aujourd'hui si des décisions n'avaient pas été prises à l'époque pour que chacun se fasse vacciner ?

Parmi celles et ceux qui s'y opposaient, des femmes et des hommes ont été sauvés grâce à ces décisions. Et même s'il nous est impossible de le mesurer aujourd'hui, nous savons que les mesures votées permettront de protéger les Françaises et des Français de la Covid, de ses variants connus, et potentiellement de ses futurs variants. Nous savons que la vaccination réduit fortement le développement de la maladie : sur la semaine dernière, 96% des personnes ayant développé une forme symptomatique n'étaient pas vaccinées.

L'argument du manque de recul qui est avancé ici ou là est quant à lui moins tenable en 2021 qu'il ne pouvait l'être en 1902 : la technologie ARN est travaillée depuis les années 1960 et des vaccins sont développés avec cette technologie depuis 20 ans. Certes les vaccins contre la Covid-19 datent de l'an passé, mais les contre-indications sont extrêmement limitées, désormais connues et identifiées.

Après plus de 3 Milliards de doses injectées dans le monde, la balance bénéfices-risques en faveur de la vaccination n'est plus à démontrer. Soyons collectivement à la hauteur de la période que nous traversons : nous disposons de vaccins gratuits et efficaces sur toutes les souches aujourd'hui répertoriées, réduisant fortement le développement de formes graves, les hospitalisations et les « Covid longs ». Mesurons cette chance, notre chance, et faisons preuve de responsabilité collective pour, ensemble, traverser cette épreuve et en sortir. Pour nous-mêmes, mais aussi pour nous tous.


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