À l'Assemblée Nationale

Dans le cadre de la mission d'information sur l'adaptation de la politique familiale aux défis de la société du XXIème siècle (dont je suis Vice-présidente), j'ai interrogé ce lundi 16 septembre 2019 Julien DAMON (avec qui j'ai co-écrit le rapport sur la "Juste prestation") et Michel MESSU . Mon interpellation portait sur la nécessité de compléter une politique familiale - trop souvent résumée aux montants des prestations - par une politique de soutien à l'accompagnement, bien en amont des sanctions.

Ma question à lire ci dessous ou en vidéo en bas de page.

Ma question à Julien DAMON et Michel MESSU :

"Je souhaitais intervenir par rapport aux prestations monétaires. Nous avons beaucoup travaillé sur les prestations. Vous avez rappelé toute à l'heure que c'est aberrant effectivement de sanctionner par la suppression des allocations familiales ; Ne pensez-vous pas que l'on pourrait davantage aller - en contre partie (des prestations monétaires) - vers une obligation d'accompagnement...? J'évoque ce sujet car on parle souvent des prestations monétaires et on parle peu de tout ce qu'il faudrait peut-être faire pour accompagner. On a parlé beaucoup par exemple du soutien à la parentalité, mais est-ce que l'on ne pourrait pas envisager une politique d'accompagnement, en contre-partie des prestations monétaires ? (...)

Car quand on voit que l'on est arrivé aujourd'hui à se questionner sur une obligation de formation des 16-18 ans par exemple, et où l'on donne la responsabilité de cette obligation de formation pour l'instant aux Missions Locales, alors que l'on sait très bien que en amont, il y a certainement plein de "choses"... Il y a la famille d'abord, il y a l'État, l'Éducation nationale... etc ; C'est pour cela que vous demande si l'on ne pourrait pas envisager de formaliser, de systématiser un accompagnement. On sait que c'est très difficile aujourd'hui, il y a beaucoup de familles monoparentales, il y a beaucoup de familles qui sont désoeuvrées, qui ne savent plus très bien comment faire, et il y a des jeunes à coté de ça qui ont certainement besoin de cadre... Donc est-ce que pour vous, ça vous parait important de formaliser cet accompagnement, et de le systématiser ?"

La réponse de Julien DAMON :

"Chère Christine CLOAREC, dans le rapport que vous avez rédigé sur la "Juste prestation", vous mettez l'accent sur l'accompagnement. La question que vous posez là est capitale : quand on parle de politique familiale, c'est vrai que - moi le premier - on fonce sur les prestations monétaires tout en rabachant qu'il faudrait développer les équipements et les services. Les équipements, on les a à l'esprit car on les voit : les crèches, les Centre-aérés... On voit concrètement ce que c'est. En ce qui concerne les services, pour fondamentalement l'accompagnement des familles, pour le moment, il y a une profusion de "trucs"... Alors, "trucs" fait péjoratif, mais objectivement, on a été jusqu'à inventer les "PIF" (Points Information Famille) (...). Il y a plein de trucs et il n'y a pas d'organisation de cet accompagnement. Accompagnement qui peut être plus bénéfique que telle ou telle augmentation ou réduction de prestation... Il y a des métiers comme les conseillers en économie sociale et familiale : rendons-leurs non pas la gloire qu'ils n'ont jamais pu connaitre ces métiers, mais le sérieux que l'on devrait leur donner... En un mot, on passe notre temps à réfléchir aux prestations et pourquoi pas, mais tout ce coté accompagnement (le travail social plus généralement) est mis de coté et je pense que l'on devrait davantage mettre l'accent sur la réforme du travail social, de l'accompagnement et de la prise en charge humaine et professionnelle des gens que de simplement traiter comme je l'ai fait là, bureaucratiquement, des prestations".

À voir également en vidéo. Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo.


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